vendredi 8 mai 2020

#J58# J-3 Déconfinement

J58

Je n’ai pas fabriqué de pain ni lu Proust. 
J’ai cuisiné pour la première fois des blettes J’ai posté quelques lettres
J’ai aimé le bruit du silence, compté les étoiles J’ai posté 23 "billets d’humeur" mais pas écrit de journal de confinement 
J’ai fêté mon anniversaire autrement Je n’ai pas eu envie de me séparer de mon compagnon
J’ai eu de nombreux coups de cœur artistiques J'ai composé au présent et acheté solidaire
J’ai noué de nouvelles amitiés, me suis aperçue que d’autres n’en étaient point 
Je suis parfois passé du rire aux larmes, 
Je n’ai jamais rendu les armes ni baissé la garde
J’ai appris la patience, on m’a parlé de résilience 
J’ai photographié, radiographié l’âme humaine J’ai saisi quelques mains tendues mais pas pris de gants 
J’ai appris à fabriquer un masque avec une serviette de table 
J’ai fait la liste de mes envies tenant dans un rayon de 100 kilomètres 
Je cherche toujours la définition du « Parisien* »
J’aime toujours autant François Morel, Vincent Lindon et Baptiste Beaulieu
Je déteste toujours la position de certains qui n’étant concernés en rien ont des avis sur tout... 

A J-3 de cette lumière au bout de ce tunnel pandémique, je pense la mettre en veilleuse. 

Mes amies Parcie et Monie vont m’accompagner encore quelques semaines. 

Je vous souhaite vraiment le meilleur à venir. Merci d’avoir été présents ici et ailleurs. 

*voix de Valérie Lemercier dans le Bal des Casse-pieds « Qu’est-ce qu’un Troll ?! »

mardi 5 mai 2020

#J55

La lecture est, comme vous l’avez lu dans mes précédents billets, un véritable plaisir qui m’emmène hors les murs.
Ces dernières années, j’ai couru les bibliothèques, les archives nationales, départementales à la recherche de documents venant compléter mon recueil de nouvelles sur la Grande Guerre (Les Dames du Chemin #editionsglyphe), et mes biographies (La Goulue. Reine du Moulin Rouge #editonsdurocher) et une à paraître...

Depuis le confinement, j’ai laissé de côté mon travail en cours et j’ai repris le chemin de la lecture "gourmande".

Avec une de mes Amies, nous avons établi chacune une liste de nos coups de cœur réciproques et nous avons passé commandes auprès de nos libraires. La littérature fait partie de mes nourritures terrestres au même titre que le théâtre, le cinéma, les musées…

Aujourd’hui, l’antenne de France Inter est ouverte aux différents acteurs de cette culture qui nous fait vibrer, rêver. Ce monde parallèle dont nous avons gravement besoin. J’écoute les différents intervenants tantôt optimistes tantôt désarmés. Je pense à mes amis écrivains, comédiens dont le travail a été mis en mode pause pour cause de confinement. Je suppose qu’il serait nécessaire de repenser la chaine de la création, de la surproduction de ces rentrées littéraires.

Comment "contourner" ces nouvelles formes de l’empêchement pour renouer avec le monde du vivant ?

Silence assourdissant du ministre de la culture. Pour ma part, le livre est mon opium, ma came, mon éther. C’est une drogue douce ou dure dont je ne peux me passer. Elle fait partie de ces camisoles licites… Les mots me font chaud au cœur et au corps. Alors, bookaddict , lectipote, lecturamant. On leur fait dire ce que l'on veut aux mots...enfin presque, ils mentent également par omission. On arrange la vérité, on transcende ses peurs, on joue avec l’imaginaire.
Les mots ne sont pas posés pour faire "du joli". Ils ont un sens, une musique, une couleur. L’auteur les a choisis, pesés, soupesés. J’ai le sens du mot juste et comme en musique il y a des respirations nécessaires dans un texte. Je twiste les consonnes et les voyelles. Je surfe sur les pleins et les déliés. Je funambule sur des lignes imaginaires. 😊Et joie ! À une semaine du déconfinement, un deuxième projet d’écriture s’ajoute à celui en cours. Un verrou vient de sauter de cette « prison » qui n’était pas propice à la création. Mon esprit s’est libéré et donne libre cours à l'écriture, cette rédaction naturelle que je croyais enfouie, enfuie…🤸‍♀️

Une amie m’écrit « Je vois que tu vas bien, que le confinement t'inspire de bien belles phrases, une belle résilience. » Il est vrai que vos retours sur mes billets d’humeur m’ont régénérée, l’impression de ne pas être seule à partager des coups de mou, des doutes, des colères, des interrogations face aux injonctions ...
 Ensuite, je pense que cette parenthèse n'a fait qu'appuyer mon regard sur ce que je pensais essentiel pour moi...mais j’ai surtout pris le temps de le verbaliser…

 Ce début d’ « année de M* 2020 » comme le martèle Antoine de Caunes dans son émission Popopop m’aura permis d’appuyer ce qui est vraiment nécessaire pour moi, et vouloir, pouvoir avancer à mon rythme…


Je n’ai pas encore été acheter les masques vendus en hypermarchés. J'ai passé commande de masques tissus norme Afnor après d'une couturière qui fait du chouette boulot...Je ne me sens pas prête à reprendre les transports en commun. Je vais devoir attendre pour aller dans les bibliothèques dont l’ouverture est encore à déterminer. Rien ne sert de courir …il faut partir à point.


 Permettez-moi de conclure ce (long) billet d’humeur avec ces quelques phrases tirées du roman de Francois Roux : Le Bonheur National Brut dont je vous conseille la lecture, véritable peinture sociétale : « Nous sommes bien sûr les fossoyeurs des Trente Glorieuses, les enfants de la crise, du chômage, de la surconsommation, de la mondialisation, de la croissance molle, de l’argent roi soudain devenu argent fou, mais nous sommes avant tout, les enfants du doute et de l’incertitude. Depuis trente ans, nous naviguons à vue, perplexes, indécis, vers un but que ce monde, lui-même déboussolé, nous a clairement désigné en le survendant : être heureux malgré tout et –son corrolaire-réussir sa vie. (…) N’avons-nous pas tous pensé que nous serions heureux le jour où nos rêves d’enfant seraient enfin accomplis ? Et si tout cela était complètement faux ? Et si le bonheur était la plus grosse arnaque du siècle et de tous ceux qui l’ont précédé ? Et si le souci d’atteindre le bonheur était précisément la chose qui nous faisait le plus souffrir ? (…) Nous devrions être des promeneurs de nos vies au lieu de marcheurs entêtés. D’ailleurs par son étymologie, le mot bonheur ne se rapproche-t-il pas d’ « augure » lui-même assez voisin du mot « chance » ? C’est certain, le bonheur n’est pas du tout une affaire sérieuse. C’est même j’en suis convaincu, la seule chose au monde que l’on devrait prendre à la légère… »

 #J55 #lavieetriendautre #restezchezvous #lebonheurnationabrut #toutcedontonrevait #francoisroux

vendredi 1 mai 2020

#J45#billet d'humeur

Avril pendu à son fil, pas sûre que la liberté longtemps rêvée soit pour ce mois des MAIS.... Voici le mois de mai et cette chanson chantée entre autre par Nana Mouskouri m'est revenue en mémoire. 🎶 Voici le mois de mai où les fleurs volent au vent Où les fleurs volent au vent si jolie mignonne, Où les fleurs volent au vent si mignonnement.🎶 J'aurai pu écrire, il est revenu le temps du muguet...mais aujourd'hui, au coin de nos rues, les clochettes restent muettes. Cette année, la page de mon agenda me rappelle ce rendez-vous sur Arcachon. Laissons la plage aux romantiques criait Pascal Danel ...moi c'était La plage aux écrivains qui m'attendait. Petit pincement au coeur mais je ne peux être nostalgique d'un moment non vécu. Juste le regret d'un rendez-vous manqué... Voici le mois de mai, des MAIS, où un virus flirtent avec les fleurs, le vent, les éléments...alors quelque soit votre région et sa couleur , gardez Le Cap, soyez prudents... #J45 #1ermai #restezchezvous #laplageauxecrivains

lundi 27 avril 2020

#J42 #RESTEZCHEZVOUS


L’écriture revient peu à peu au quotidien, mais les mots posés sur le papier ne swinguent pas encore comme je le souhaite. Alors comme en cuisine, il faut laisser reposer pour entendre la pâte chanter.
Mes personnages pour l’heure ont une voix de fausset. Il n’y a pas d’urgence. Je mesure ma chance d’avoir signé mon contrat pour le livre à paraître l’an prochain. J’ai quelques heures d’avance c’est bien et encore du temps libre au-delà du 11 mai. Le roman pour 2022 peut se faire désirer au bout de mon crayon, encore un peu.
L’écriture est ma boussole mais j’ai une amie la lecture qui m’aide également à garder le cap. Je me nourris de mots, je dévore et j’ai la chance de découvrir de jolies pépites.
Aujourd’hui, je partage un trésor : « Le Baiser » de Sophie Brocas avec pour fond sonore la musique des mots de François Morel …
"Le baiser vous souvenez vous
Que vous m'aviez un jour donné ?
J'aimerais pouvoir entre nous
Ce soir vous le restituer
J'avais gardé par devers moi
Ce souvenir ce doux trésor
Ce présent ce cadeau de roi
Plus précieux qu'un bijou en or "
« Le baiser » est une œuvre de Constantin Brancusi. Cette sculpture funéraire se trouve dans la division 22 du cimetière Montparnasse :
« C'était un bloc carré, trois fois plus haut que large, un bloc de calcaire gris un peu grossier parsemé d'éclats noirs. Les amants y étaient pris entiers. Nus, enlacés étroitement. Fondus l'un dans l'autre. Deux amants assis, face à face, leurs bras encerclant tendrement l'autre, sans pression, sans excès. Pieds à plat, cuisses repliées, jambes de l'homme enserrées avec douceur, imbriquées avec naturel entre celles de la femme. Quelques détails, à peine suggérés : une chevelure longue séparée en bandeaux dévalant le dos de la femme, le haut relief des bras, le doux rebondi du sein. Ils sont là, front contre front, regard contre regard, nez contre nez, lèvres à lèvres. C'est un baiser immense. Un amour absolu. Un acte sexuel intense et innocent à la fois. Évident. »
Ce Baiser veille sur le repos de l’âme d’une jeune exilée russe qui s’est suicidée le 12 décembre 1910. Elle s’appelait Tania, Tania Rachewskaia. On peut néanmoins mettre un visage sur son patronyme grâce à un médaillon émaillé.
Indocile mais fragile Tania que l’on a retrouvée, le corps tournoyant au bout d’une corde.
Les œuvres de Brancusi s’arrachent à prix d’or sur le marché de l’art... En 2005, sous les recommandations d’un marchand d’art, les héritiers de Tania se sont manifestés afin de récupérer à leur compte, les deux amoureux de pierre.
Ce même couple fusionnel, qui, depuis un siècle, s’embrassaient à l’air libre sous le regard des passants honnêtes.
Ces ayants droits qui ont déjà perdu toutes les procédures judiciaires ne sont pas décidés à abandonner la partie de bras de fer qui s’est engagée entre eux et l’Etat Français…
Depuis, les sculptures sont enfermées dans un caisson de bois relié à une alarme et surveillé par trois caméras …J’espère que ce baiser sera définitivement protégé par un classement aux monuments historiques…
Le livre de Sophie Brocas est une œuvre imaginaire. Au travers d’un journal (fictif) de Tania, l’autrice déroule le fil d’une histoire, celle d’une jeune fille émigrée russe, épris de liberté dans le Paris de la Belle Epoque.
Tania souhaite déchirer la fourrure, délasser le corset dans lesquels « son » monde l’a tient étroitement captive.
Celle qui a pour parent Tolstoï, souhaite regarder la liberté dans les yeux et s’affranchir des codes qui imposent les mariages comme des marchandages :
« Oui, j'ai une peau de femme, mais à l'intérieur je veux être comme un homme ! Un homme ! Un homme ! Je veux être libre comme un homme, aller où bon me semble comme un homme, apprendre comme un homme, travailler comme un homme. Vous ne me réduirez pas à une femme que l'on vend. Jamais ! »
Dans le Paris de ce XXIème siècle, Camille est une brillante avocate mais qui manque terriblement de confiance en elle. Dans un quotidien morne où l’improvisation n’a pas sa place, elle va se découvrir une âme de justicière : « Si nous pouvons démontrer que Brancusi voulait sceller Le Baiser sur la tombe, nous pourrons imposer que l'œuvre y reste au nom du droit moral de l'artiste »…
Tania, au-delà de sa légende personnelle va transcender Camille et la révéler à elle-même. Deux femmes, deux époques mais terriblement complémentaires.
Le fil conducteur de ce livre est l’œuvre de Brancusi. L’artiste mais également l’homme avec ses forces et ses faiblesses. On le frôle dans son atelier, on l’accompagne avec ses amis du Montparnos. Le sculpteur aux allures de bucheron ne souhaite pas s’attacher à sa muse ni par les liens du mariage ni en laissant derrière lui des enfants.
Etonnant clin d’œil du destin. Etrange coïncidence avec le destin de l’homme sur lequel j'ai consacré ma prochaine biographie…Seule compte l’œuvre…
Grace à ce livre, j’ai eu envie de connaître le travail de Brancusi, d’en savoir un peu plus sur cette sordide d’histoire où la cupidité souhaite faire la loi …
Pour ma part, je garde en mémoire, le pâle sourire de Tania, ses désirs et me pose encore quelques questions sur ce que fut sa drôle de vie…


mercredi 22 avril 2020

#J37 #Restezchezvous

Le petit bonheur de la chanson*🎶, je l’ai enfermé dans ma maison. Comme, je ne suis pas avare, je veux bien vous en donner une part…🍰
 ☺️La lecture de deux bonbons colorés 🍭: deux livres évoqués dans mes précédents billets :
"Changer l’eau des Fleurs" de Valérie Perrin et "Le Club des Joyeux Optimistes" de Jean-Michel Guénassian...Les personnages de ces romans m’ont fait oublier au fil de leur histoire, le temps et l’heure de ce confinement.😷

J'ai commencé, j'allais écrire entamer...« le baiser » 😘de Sophie Brocas.  Je vais aller à la rencontre de Brancusi dont la sculpture éponyme est au centre du roman. J’aime les allers et retours entre passé et présent. Je connais les précédents opus de cette autrice et je suis certaine de n’être pas être déçue par cette nouvelle invitation au voyage.
J’aime le pouvoir de la littérature : celui de nous projeter hors les murs. Et vous? Que lisez-vous ? 🖼

🌹Chic ! J’ai également d’autres rendez-vous … Contente car je vais pouvoir enfin noircir les pages de mon agenda... Pierre Michon, François Roux se sont également invités dans mon calendrier…

🙄Depuis quelques jours, je biffe, j'efface, je déplace les dates des salons, des rencontres autour de Louise qui s’annulent façon jeu de dominos…
Toute la chaîne du livre est impactée…La vente des livres est en chute libre et il est vrai que l’on peut comprendre que pour certains l’effort est de maintenir son emploi et son salaire… et non d'acheter de quoi lire.
Mais pour ceux et celles qui le peuvent, qui le souhaitent : un petit geste pour votre librairie préférée. Les libraires ont reçu l’autorisation de vendre des livres par guichet via un système de Click and collect…Pour ma part, j'ai privilégié le format poche, plus compact pour mes bibliothèques et mon budget…

😉*Jingle pub* (La Goulue. Reine du Moulin Rouge doit également paraître en poche en août prochain)…J’en reparlerai en temps voulu…

Quand je ne lis pas, j’écoute la radio. Mon amie s’appelle France…France Inter. Je l’aime bien.  Elle est d’excellente compagnie.
Avec elle,   c’est comme dans le pays de Candy  ( gardons la note sucrée de ce billet) 🍯: «  on s’amuse, on pleure, on rit »...
Avec elle, je me surprends entre deux coups de cuillère à pot à crier « BANCO BANCO ». Je crie si fort dans ma cuisine que les murs vont longtemps s’en souvenir…Les voisinzossi…

France est une gentille copine pas rancunière quand je l’abandonne au profit de la bande FM.
🤸‍♀️Pendant trente minutes parfois moins, je m'évertue à faire quelques exos de gym afin de garder la forme pas les formes 💪
Tous les jours sauf le week-end. Parce que dans cet emploi du temps confiné, j’ai encore quelques repères sacrés.
🌈Sauf que le dimanche soir est un peu plus léger…Le blues du lendemain ne s’invite plus dans mon quotidien. Les lundis sont depuis 37 jours au soleil🌝. Je tiens le pari que le 11 mai nous sortirons notre parapluie…☔

🎶Le petit bonheur de la chanson, je l’ai enfermé dans ma maison. Comme je ne suis pas avare, je veux bien vous en donner une part…
Je partage la photo de ma première brioche au chocolat et puis aujourd’hui…il se murmure, du retour , chez LU, de l’inégalable FIGOLU !🍪

*Le p'tit bonheur de Félix Leclerc

#J37
#enviedunbilletsweety
#restezchezvous

jeudi 16 avril 2020

#J31# RESTEZCHEZVOUS#BILLET D'HUMEUR

uste une mise au point…
Les demandes « d’amis » bourgeonnent comme les boutons d’acné sur des visages prépubères.
Plusieurs cas : je te clique tu me cliques, cliques sur ma page …
Je te clique, tu me cliques, je t’envoie un SOS mon cœur est malade, toi seule peut le guérir (sur un air connu…Vous savez mon goût pour les chansons (voir posts précédents))…
Pour ceux qui me connaissent un peu, j’ai besoin de temps pour connaître l’autre, lui donner mon amitié voire ma confiance et ce n’est pas un mot galvaudé. Je suis ici pour parler de mon travail d’écriture mais également partager dans le respect quelques billets d’humeur …
Je me souviens d’un lecteur qui faisait preuve d’indiscrétion sur un salon et de ma réponse tout sourire « garder une part de mystère »… Jardin secret.
Alors pour les mâles en manque d’amour, en manque tout court…Je vire, je bloque…Circulez il n'y rien à voir...oui je sais c'est un peu beaucoup péremptoire...
Le printemps doit également faire monter la sève à quelques-uns, je suis effarée d’avoir pu constater ces jours derniers, des torrents de haine, de boue déferler sur ce réseau dit social. Les vannes étaient ouvertes tout schuss… Ce n’est pas gagné les "quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère… "
Comme certains d'entre vous, je suis abasourdie devant la situation, la gestion de cette crise mais ce n’est pas en s’agitant derrières vos écrans avec des YAKA FOKON que cela fera avancer les choses. 
Je vous invite à (ré) écouter le billet du 3 avril de François Morel sur France Inter (…) « "Ceux qui ne savaient pas mais qui parlaient quand même. Ceux qui parlaient quand même sans savoir, mais qui en plus à la télévision, étaient payés. Ceux qui jamais ne disent "je ne sais pas". Ceux qui n'arrivent jamais à se taire. Ceux qui continuent de l'ouvrir en ne sachant pas plus. »
Je l’ai déjà écrit ici : nous aurons besoin de toute notre énergie pour aller crier notre colère après…Alors pour ceux qui pensent que nous sommes en dictature ou dans un pays sous-développé de grâce allez voir ce qui se passe ailleurs que dans votre petite sphère protégée.
Et de grâce encore, pitié…#restezchezvous…et comme le dit à la fin de son billet François Morel, profitez du confinement pour relire Prévert…
Concernant les causes à soutenir en nous teignant les cheveux en vert, en éteignant nos profils…A l’obscurité, je préfère la lumière. Et MERCI de ne plus m’envoyer ces chaînes qui se veulent bienveillantes mais qui pour moi desservent les causes qu’elles souhaitent défendre.
Les combats encore une fois, ne se font pas derrière nos écrans d’ordinateurs et ne doivent en rien diviser ni les genres, ni les générations.
Par ailleurs, permettez moi de faire mes choix en conscience. 
Ce matin, j’ai ouvert mes volets sur les deux soleils jaunes de l’appartement d’en face. Le ciel ressemblait à un tableau de Magritte…J’ai continué la lecture de mon nouveau roman de chevet. Infini plaisir de retrouver les personnages de ce Club des Incorrigibles Optimistes …Je ne savais pas encore si j’allais écrire ce billet. Je suis entrée en contact avec des amis via WhatsApp, me suis targuée de quelques mails pros…Esquissé quelques pas de danse avec mon Chéri…discuté Master 1 avec ma fille…
Et puis, j’ai envoyé une lettre à un inconnu. Non pas une lettre d’amour mais une lettre d’amitié avec rien en retour. Juste le plaisir d’être lue et avoir le sentiment que, peut-être, une personne pourra se sentir moins seule dans sa maison de retraite…
Demain, je glisserai également, une lettre manuscrite dans la boite de ma gentille voisine du dessous. Les paroles s’envolent, les écrits restent…

#J29#J30 RESTEZCHEZVOUS#BILLET D'HUMEUR


La vie est comme un plan incliné on y glisse trop vite vers demain. Les lendemains viennent tout de suite grossir le passé et c’est notre fin… ».
Profiter du jour présent. Remercier chaque jour la vie d’être là, ici et maintenant…Ce n’est pas un mantra que je vous chante là mais voila ce que m'inspire cette citation trouvée sous la plume d’un chanteur italien : Andréa Laszlo de Simone
Son dernier titre «Immensità» fait partie d’un des bonheurs musicaux de mon quotidien.
Pop délicieusement surannée et sucrée comme je les aime qui me permet de couvrir le bourdonnement des réseaux sociaux.
Quand je lis certains propos haineux, je me fais la réflexion qu’il est encore loin le chemin de la tolérance et du changement.
Les lendemains qui chantent, pour le moment ont une voix de fausset…Mais voyez-vous, je m’en fous, enfin, disons que je ne souhaite pas me laisser parasiter par la colère. J’essaye de garder le cap. Si je dois m’énerver, je le ferais après. Là, j’emmagasine de l’énergie, du positif.
Bref, "Immensità" tourne en boucle et je me réjouis des petits cadeaux de la vie :
La découverte d’un nouvel auteur dans ma bibliothèque : Jean-Michel Guenassia. Je lis avec bonheur « le club des Incorrigibles Optimistes ». Titre prémonitoire mais pas que… Une saga familiale sous fond de guerre d’Algérie mais pas que…On y rencontre Sartre, Kessel…et tous ces personnages comme nous tous qui font partie avec leur histoire de notre grande Histoire et cet extrait en cours de lecture qui prend tout son sens encore aujourd'hui : « J'ai un problème avec la logique. Je n'ai jamais compris comment on pouvait dire une chose et son contraire. Jurer qu'on aime quelqu'un et le blesser, avoir un ami et l'oublier, se dire de la même famille et s'ignorer comme des étrangers, revendiquer des grands principes et ne pas les pratiquer, affirmer qu'on croit en Dieu et agir comme s'il n'existait pas, se prendre pour un héros quand on se comporte comme un salaud »...
Répondre aux questions de Marianne L en lien avec ma série préférée.
Découvrir que j’ai gagné via Instagram le livre numérique de Cécile Hennerolles « Dites-moi des choses tendres » publiée aux Editons Eyrolles.
Me remémorer les longues conversations téléphoniques avec P une amie de longue date, avec qui je refais le monde. Eclats de rires communicatifs de part et d’autre de la ligne du téléphone. 
Percevoir encore les éclats de rires et de chansons avec de nombreux anciens collègues de mes différentes vies professionnelles.
Entrevoir la lumière comme le dit Gilles P sur un de ses post. Elle se présente, au bout du tunnel. Le 11 mai prochain... La flamme est certes vacillante mais on peut en percevoir les contours et nous nous réchaufferons petit à petit à sa douce chaleur. 
A nous de tenir l’objectif et de ne pas baisser la garde. Cependant, je comprends l’angoisse des parents et celle du corps enseignant. Ceux-ci, se posent des questions sur le bien-fondé où non de la reprise des cours pour leurs enfants ... Moi-même, je serai inquiète. Doit-on s’interroger comme le fait Baptiste Beaulieu sur une possible immunité de groupe ?
Je pense également aux enfants maltraités pour qui l’école est un refuge de quelques instants, à ceux qui ne peuvent pas travailler faute d’outils numériques à leur disposition, et ceux qui doivent se charger de leurs frères et sœurs. 
Je m’interroge. Je pense à ceux pour qui la date du 11 mai est un mirage...
Je m’accroche aux mots : retour progressif ne veut pas dire immédiat…
Et puis toutes ces voltes faces qui me donnent le tournis et qui me font lire des tombereaux d'inepties et de calomnies...
Encore une fois, restons calmes. L'énergie gardons là pour plus tard...les combats ne se font pas derrière un ordinateur...
Ce matin, pour la première fois depuis ce confinement et grâce à l'impulsion de ces billets d'humeur, j'ai l'envie de reprendre le chemin de l'écriture ...
Les paroles de la chanson de Andrea Laszlo tournent en boucle sur la platine :

Toujours accomplir des choix du cœur
Demander pardon pour une erreur
Même ça, c'est l'immensité
Toute la réalité est immensité
Comme le rêve ensuite disparaîtra
Dès demain recommencera une nouvelle immensité
Dès demain
Dès demain
Dès demain